Pleins feux sur les troubles psychiatriques

Le profilage des patients atteints de maladies psychiatriques majeures à l’aide de l’électrorétinographie

Concours : Programme FOCUS 2010
Financement : 2 100 000 $ / 3 ans
Début : Septembre 2010
Projet complété
Cette nouvelle approche, basée sur une mesure neurophysiologique et non-invasive de la réponse de la rétine à une stimulation lumineuse, permettra de stratifier des patients atteints de troubles psychiatriques majeurs et de mesurer la réponse pharmacologique à des traitements spécifiques.

Les troubles psychiatriques comme la schizophrénie, le trouble bipolaire et la dépression sévère affectent des millions d’individus en Amérique du Nord. L’identification des facteurs de risque précoces et la prévention de la maladie chez les personnes qui présentent des prédispositions génétiques demeurent les pistes les plus prometteuses pour l’amélioration des traitements. Cependant, il existe différents sous-groupes de patients atteints de maladie mentale dont l’état est compliqué par la présence de diverses affections sous-jacentes et pour qui on ne dispose, à l’heure actuelle, d’aucun marqueur biologique fiable permettant de poser un diagnostic précoce et d’orienter le traitement.

L’électrorétinographie (ERG), une méthode précise et non invasive d’évaluation de la fonction rétinienne, pourrait représenter une façon innovatrice de stratifier les patients atteints de maladies neuropsychiatriques. En effet, la rétine est reconnue comme le prolongement du système nerveux central et représente un site d’investigation important pour comprendre les troubles cérébraux. À l’aide de cet outil, les équipes des Drs Maziade et Hébert évaluent la réponse dynamique des cônes et des bâtonnets (photorécepteurs rétiniens) à la suite d’une stimulation lumineuse chez des patients atteints de schizophrénie ou de troubles bipolaires. « Les progrès réalisés durant la première année du projet sont impressionnants, l’équipe a dépassé tous les objectifs initialement prévus », déclare Mounia Azzi, directrice des programmes du CQDM. Les résultats montrent que le profil électrorétinographique peut être utilisé en tant que marqueur biologique de la maladie, puisqu’il permet de distinguer les patients schizophrènes des patients témoins en plus d’établir une corrélation avec la gravité de la maladie et les dysfonctions cognitives. En s’appuyant sur les données recueillies jusqu’à maintenant, la seconde partie de ce projet novateur consistera à évaluer la spécificité de l’ERG pour stratifier les patients atteints de schizophrénie. De plus, on procédera à la validation de l’ERG en tant qu’outil diagnostique pour d’autres maladies neuropsychiatriques et pour prédire la réponse aux agents psychotropes. L’objectif ultime de ce projet est de définir des strates qui tiennent compte du diagnostic, de l’étiologie et de la réponse aux traitements.

Ce projet regroupe différentes disciplines, notamment l’ophtalmologie, l’épidémiologie clinique, la génétique, la psychiatrie, la pharmacologie et la modélisation statistique. « La subdivision des catégories diagnostiques en phénotypes plus simples constitue une étape cruciale vers la stratification des patients et vers une meilleure réponse au traitement pharmacologique », affirme Michel Maziade, fondateur de NDEI Inc. et directeur scientifique du Centre de Recherche Université Laval Robert-Giffard. « Nous croyons que cette technologie aura un impact important pour la recherche pharmaceutique et la médecine personnalisée en maximisant la réponse au traitement des patients. L’ERG pourrait, à court terme, améliorer la sélection des patients participant aux études cliniques. De plus, la stratification par l’ERG contribuera au développement de tests novateurs permettant de poser un diagnostic et un prognostic plus rapide. Grâce à cette technologie, les cliniciens seront en mesure de personnaliser le traitement d’un patient en fonction de son profil électrorétinographique, comme on le fait présentement chez les patients atteints d’un cancer » concluent Michel Maziade et Marc Hébert.

Impact sur le processus de découverte du médicament

  • Grâce à ce test diagnostique, le temps de recrutement de patients se mesure en semaines plutôt qu’en mois :
    Économies initiales immédiates de l’ordre de 4,5 M$ pour les études pivot.
  • Efficacité accrue des essais cliniques :
    Réduction du taux de sélection des patients faux positifs découlant de critères mal définis. Potentiel d’enrichir les essais cliniques avec des patients qui sont susceptibles de bien réagir au traitement.
  • Réduction des coûts de santé mentale en ramenant le temps d’établissement d’un diagnostic différentiel à des semaines plutôt qu’à des mois dès l’apparition de la schizophrénie ou du trouble bipolaire.

Faits saillants

  • La prévalence de la schizophrénie est d’environ 1,1 % au sein de la population de plus de 18 ans,
    et sensiblement la même pour le trouble bipolaire.
  • La schizophrénie a longtemps été considérée comme l’une des maladies mentales chroniques les plus débilitantes et coûteuses, totalisant 63 G$ annuellement en coûts de soins directs, sociaux et familiaux.

Principales réalisations

Identification de six biomarqueurs novateurs mesurés par électrorétinographie d’après la réponse dynamique des cônes et des bâtonnets (photorécepteurs rétiniens) et permettant de distinguer rapidement les sujets sains des patients atteints de schizophrénie.

Pour en savoir plus